Hugo Lemoine ne perd pas le fil… bio !

"Plus on est fou, plus on rit !"

A la création du blog, j’avais cette rubrique à cœur. Il suffisait juste de se lancer. L’objectif est de faire connaître des parcours et des entreprises à vocation sociale ou environnementale à travers le portrait de leur fondateur.


J’ai rencontré Hugo Lemoine lors du salon Ille et Bio en 2016. Il venait tout juste de créer son entreprise CONOUCO, marque de vêtements en lin biologique.

La vie d’avant… d’être chef d’entreprise

J’ai fait des études spécialisées dans le bâtiment/eau/chauffage/climatisation. Ensuite, je suis parti travailler 9 mois en Angleterre en tant que barman et serveur. Suite à une expérience d’un an et demi au Soudan, où j’installais ventilation et climatisations, je suis revenu rempli de questionnements. Cela m’a amené à reprendre une formation de 6 mois à Bioforce pour évoluer vers l’humanitaire. En avril 2012, je pars en République démocratique du Congo (RDC) pour faire de la sensibilisation à l’hygiène, de la distribution d’eau potable et construire des toilettes sèches (ou latrines dans le jargon local). J’étais responsable des programmes et je gérais une équipe de locaux. Après cette expérience très intense, j’ai fait une pause de 6 mois où je me demandais : que faire ?

Le déclic

Le fibre de lin avant le tissage

A 17 ans, j’avais déjà l’envie de monter une entreprise mais je ne m’étais jamais posé pour y réfléchir. En balade à Lyon, après mon retour de RDC, je réalise en lisant une étiquette que la plupart de la laine mérinos vient d’Australie ou de Nouvelle-Zélande. En décembre 2013, j’intègre un incubateur avec deux amis pour répondre à un appel à projet Fairtrade (ndlr : commerce équitable). Tout s’est fait très rapidement. Le projet a passé toutes les étapes mais n’était pas mûr pour aller jusqu’au bout.

De retour en Bretagne, la graine de l’entrepreneuriat a germé. Je conserve l’idée du vêtement et cherche une matière première qui pousse en France. J’ai dû écarter le chanvre car il manque le savoir-faire et la machine pour transformer la fibre en textile dans l’hexagone.

Je me suis alors tourné vers le lin. Je suis parti rencontrer les acteurs du secteur. De nombreuses étapes sont nécessaires pour transformer la graine en textile : production du lin, ruissage, teillage, filage, tissage… Les deux dernières étapes sont faites en Pologne et Belgique.

Ensuite, il a fallu trouver un ou une styliste pour créer les modèles. Je voulais que les vêtements soient intemporels, élégants, qu’on puisse les porter aussi bien dans les transports en commun que dans une grande entreprise. Cela a pris 18 mois pour aboutir. CONOUCO est né le 15 avril 2016.

Les difficultés

Les difficultés, j’en ai rencontrées de tout type depuis la création de l’entreprise. Ça fait partie du jeu. Savoir s’adapter est très important. J’ai aussi appris que je ne pourrai pas d’emblée créer mon entreprise idéale. Je m’en rapprocherai par la suite. Parmi les obstacles rencontrés, je peux citer…

  • Le producteur de tissu a arrêté de produire. Il a fallu tout recommencer pour en trouver un autre.

  • Les stylistes sont partis. Idem…

  • Vivre avec un niveau de vie inférieur à la vie d’avant.

  • Réussir à faire sa place sur le web.

 

Le premier salaire

L’entreprise est créée depuis deux ans et je n’ai pas de salaire. Je me débrouille en ce moment avec le RSA.

Les réussites personnelles

J’ai découvert qu’on ne pouvait pas tout prévoir et qu’il était essentiel de sortir de sa zone de confort. J’avance mais je ne sais pas où je vais. Cela n’a pas été simple au début mais j’ai appris à vivre avec.

Ce que tu as appris

En me lançant dans la création d’entreprise, j’ai beaucoup appris sur moi et sur ce qui est important. J’ai appris à gérer le Hugo idéaliste et le Hugo entrepreneur qui ne sont pas toujours d’accord et qui n’ont pas les mêmes contraintes.

J’ai découvert de nouveaux métiers, je suis devenu vendeur, logisticien, chargé de communication… sans oublier tout ce qui concerne la fabrication du tissu.

Un conseil ?

→ Créer une entreprise implique d’importants changements et sacrifices, c’est pourquoi il est indispensable que toute la famille, du conjoint aux enfants, soutienne le projet.

→ Avoir de la trésorerie et préférer la durée d’emprunt maximale (7 ans) pour avoir des mensualités moins lourdes.

→ En tant que chef d’entreprise, tu es énormément sollicité et démarché : pour y répondre au mieux, se définir une ligne de conduite.

Et au fait, que faisaient tes parents et grands-parents ?

Parents : éducateurs spécialisés

Grands-père : paysan puis différents boulots à la ville

Et après ?

Continuer à m’adapter et rester à l’affût des attentes des consommateurs, c’est pourquoi je vais intégrer de nouvelles couleurs à ma gamme qui en contenait 4. Je souhaite aussi trouver des points de vente et prévois de refaire le site internet. Deux nouveaux modèles féminins vont s’ajouter à ceux existants : une vareuse et un short.

Qu’est-ce qu’il te manque pour être serein ?

Que les gens réalisent à grande échelle l’intérêt de changer nos modes de consommation.

Vous cherchez des vêtements de qualité et intemporels et souhaitez soutenir un entrepreneur français, rendez-vous sur www.CONOUCO.fr

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