Nicolas Perrin, un phenix en Bretagne

"Plus on est fou, plus on rit !"

A la création du blog, j’avais cette rubrique à coeur. Il suffisait juste de se lancer. L’objectif est de faire connaître des parcours et des entreprises à vocation sociale ou environnementale à travers le portrait de leur fondateur.


J’ai rencontré Nicolas Perrin lorsque je cherchais du travail. Son projet autour du gaspillage alimentaire et de la réduction des déchets des supermarchés en était à ses débuts. C’était il y a trois ans et depuis le « phoenix » a pris son envol… Retour sur ce qui l’a amené à vivre cette aventure.

Déclic Ethique : Nicolas Perrin, un phenix en Bretagne - Des cerises en été

La vie d’avant… d’être chef d’entreprise

« Une fois le bac en poche, je ne souhaite pas faire le service militaire. A l’époque, il est possible de devenir « Objecteur de conscience* », je pars travailler pendant deux ans dans un centre social. Cette expérience est très marquante et me décide à faire des études. Après 4 ans de sociologie et une spécialisation en gestion de projet, je pars voyager 18 mois : Angleterre, Danemark, Syrie, Bénin et Turquie.

A mon retour, je décroche un contrat d’un an en tant que chef d’équipe de recruteurs de donateurs entre Rennes et Paris. Ce poste, mêlant commerce et sens du relationnel, m’a clairement appris à vendre. Puis, s’ensuivent 7 années de missions de coopération internationale à l’étranger au Mali et en Mauritanie. Ce que je retiens de ces années est l’importance de la pérennité des projets. C’est là où j’ai appris à former des équipes, monter des projets et surtout chercher des financements, le nerf de la guerre. Trois compétences qui vont m’être indispensable par la suite…

*A l’époque où le service militaire était obligatoire pour les jeunes hommes de 18 ans, il était possible de l’éviter en devenant objecteur de conscience. La personne se déclarait opposée à l’usage des armes, pour raisons religieuses ou philosophiques. A la place, un service civil était à réaliser dans une administration d’Etat, une collectivité ou un organisme à vocation sociale ou environnementale pour assurer une mission d’intérêt général pour une durée de 20 mois.

Le déclic

Il n’y a pas eu de réel déclic, c’est un fil qui s’est tissé au fur et à mesure des années.

En 2013, ma vie personnelle me ramène en France. Je cherche avant tout un poste salarié avec l’envie de changer les mentalités en local en travaillant sur les modes de consommation et de production. Je me rends compte que les expériences à l’étranger sont finalement peu reconnues. Je trouve un CDD dans une association de solidarité internationale mais cela ne me convient pas. Je me décide à faire des recherches sur tout ce qui touche à l’environnement et l’innovation sociale avec comme mots d’ordre : gaspillage et économie circulaire.

Je découvre alors dans la revue du crédit coopératif une plateforme de bourse au don, basé à Paris. C’est le type de solution concrète que je cherche. Malheureusement, le projet, déjà bien avancé, ne fonctionne pas. Peu importe, l’équipe est déjà sur une autre idée : PHENIX, une entreprise pour faciliter le réemploi des produits invendus alimentaires ou non alimentaires auprès d’associations partenaires dans le but de limiter le gaspillage. Juillet 2014, je deviens le fondateur de l’antenne bretonne.

Les difficultés

Avant de parler difficultés, la chance est d’avoir de nombreux droits en France, notamment celui de l’aCCRE qui permet de toucher des indemnités chômage tout en montant sa boite.

Après, c’est un nouveau métier, une page blanche, tout est à créer. Au bout de six mois, pas une seule signature. Il me reste 3 mois d’allocation. La question de continuer se pose, forcément. J’avais les encouragements des institutions (CCI, Réso Solidaire, …) qui croyaient dans le projet. Je décide de poursuivre les efforts car j’avais le sentiment de ne pas être allé jusqu’au bout. Je m’imprègne de l’univers et du vocabulaire de la grande distribution. Ce projet chamboule les habitudes des supermarchés et des associations.

Les difficultés en bref

  • réussir à changer les habitudes de la grande distribution et des associations
  • ne pas se décourager
  • obtenir la première signature
  • ne pas compter ses heures
  • sacrifier une bonne partie de sa vie sociale

Le premier salaire

Le premier salaire est tombé un an après, avec la création de deux postes.

Les réussites personnelles

  • avoir génerer 1 500 000 repas gratuit tout en évitant 1000 tonnes de poubelles
  • sensibiliser à l’environnement et au besoin d’efficience
  • avoir permis la création d’emploi, en mai 2017, cela représente 9 salariés à plein temps
  • avoir porté un amendement de la loi Coluche (intégrée à la loi des finances 2017) la qui permet le mécénat des entreprises. Cette loi a permis de sécuriser le modèle économique de Breizh Phenix et surtout de sauver 40% de l’aide alimentaire française, que Berçy allait rayer d’un coup de crayon.

Ce que vous avez appris

Être entrepreneur, c’est apprendre tous les jours. C’est devoir être réactif, c’est faire de nombreuses rencontres de personnes qui ont également cette envie de changement. Créer une entreprise attire les porteurs de projet ce qui est très enrichissant.

Un conseil ?

→ Les risques peuvent payer, il faut oser en prendre !

→ En France, on dispose de nombreux outils et structures qui aident les entrepreneurs. Appuyez-vous sur ces réseaux.

Et au fait, que faisaient tes parents et grands-parents ?

Parents : employés de banque

Grands-parents paternels : cheminot et serveuse

Grands-parents maternels : entrepreneur en batiment et sans emploi

Et après ?

Phenix poursuit son développement en France et en Europe. Des antennes ouvrent en Espagne, au Portugal et au Danemark. La vision du recyclage est à réinventer et la recherche de l’innovation doit être permanente. Breizh Phenix va se fondre dans Phenix pour former une seule et même entité. L’entreprise représente 70 salariés en France et est présente dans 15 régions.

Qu’est-ce qu’il te manque aujourd’hui pour être totalement serein ?

+ de capitaux propres et 10 ans d’expérience.

Mais la sérénité n’est pas le meilleur moteur pour avancer !

Pour en savoir plus sur l’entreprise Phenix : www.wearephenix.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *