Adrien Bischoff n’a pas froid aux pieds !

"Plus on est fou, plus on rit !"

A la création du blog, j’avais cette rubrique à cœur. Il suffisait juste de se lancer. L’objectif est de faire connaître des parcours et des entreprises à vocation sociale ou environnementale à travers le portrait de leur fondateur.


J’ai découvert Josette et Tic lors d’une balade sur le sillon à St-Malo en 2014. C’était la première boutique. Depuis, les éleveurs de Josette* se sont multipliés.

La vie d’avant… d’être chef d’entreprise

Au collège et au lycée, j’étais plutôt en échec scolaire. Après mon BAC, je suis devenu pompier professionnel. J’étais heureux d’être utile aux autres, mais après quelques années, j’ai eu envie d’autre chose. Les projets à plus long terme et une stimulation intellectuelle me manquaient. A 25 ans, j’ai commencé les études supérieures, d’abord par un DUT techniques de commercialisation puis, prenant plaisir à étudier, je suis allé jusqu’au Master. Je n’avais pas d’idée précise de ce que j’allais faire après mais ça me plaisait et je réussissais.

J’ai été embauché à la fin de mes études comme consultant stratégique et financier dans le cabinet Ernst & Young. Au bout de trois mois, je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas. Que faire pour cumuler l’aide aux autres et l’enrichissement intellectuel ? Travailler en ONG ? Je souhaitais être touche-à-tout. Comment allier tout ce que j’avais appris pendant mes études et mon envie de sens ?… Et pourquoi pas créer le poste que je ne pourrai peut-être pas trouver ?…

Le déclic

Tout en gardant mon poste à Ernst & Young, j’ai commencé à travailler sur mon projet d’entreprise, matin et soir. J’ai envisagé différents projets : monter une crèche avec un ami, créer un abonnement de chaussettes… A travers mes recherches sur Internet, j’ai découvert le concept américain « buy one, give one » (1 acheté, 1 donné) qui n’était pas très répandu en Europe. La chaussette est resté le produit qui m’inspirait le plus alors j’ai creusé cette piste avec le souhait de faire un produit de qualité. L’idée était que l’achat de chaussettes contribue en même temps à une action de solidarité. Après différentes rencontres, j’ai créé un partenariat avec une ONG française qui intervient en Asie du sud-est. Toutes les 10 paires achetées, un enfant pourrait aller à l’école.

A 30 ans, j’ai démissionné pour monter ma première entreprise, Josette & Tic, dont le produit unique serait la paire de chaussettes. Personne n’y croyait. « De nos jours, un magasin qui ne vend que des chaussettes… franchement ?!… » Je n’avais rien, je n’avais donc rien à perdre… Cela m’a pris un an de réflexion.

Les difficultés

La première difficulté a été de trouver le bon modèle économique. La marque Josette & Tic a d’abord été lancée sur Internet en novembre 2011. Sauf que se faire connaître sur la toile n’est pas si simple. Il manquait un lieu physique… qui a été ouvert en avril 2013 un peu par accident. Le vrai élevage de Josettes a été créé en juillet 2015.

La seconde « erreur » a été d’axer la communication sur le côté éthique, le don à l’association, plutôt que sur la qualité du produit. Cela a brouillé le message. Aujourd’hui, le partenariat de solidarité internationale s’affiche moins même s’il est toujours partie intégrante du projet.

Enfin, l’élaboration du premier prototype a nécessité beaucoup de travail. J’ai dû tout apprendre de l’univers du textile : trouver le bon fil, la répartition des matières, le tissage…etc.

Le premier salaire

Comme j’avais démissionné, je n’avais aucun revenu. Pendant que le projet se montait, j’ai jonglé entre différents emplois, de l’enseignement à l’illustration, tout en faisant un retour dans mon ancienne famille des pompiers que j’avais quitté quelques années plus tôt. Le premier salaire minimum est arrivé un an après le lancement de l’entreprise. Le « vrai » salaire est plus arrivé 3 ans après le lancement.

Les réussites personnelles

  • être content de se lever chaque matin

  • décider du lieu où je souhaitais vivre, en l’occurrence au bord de la mer

  • lorsque des clients sourient en lisant une de nos blagues made in Josette

Ce que tu as appris

On apprend beaucoup sur soi. J’ai également appris les moteurs de l’être humain, j’ai acquis des compétences techniques (contrairement à mes expériences passées où je transférais le dossier quand ça sortait de mon champ de compétences)… Mais je crois que j’ai surtout appris que « je peux », c’est à dire que la volonté est un sacré moteur et nous fait passer de nombreux obstacles.

Un conseil ?

→ A tous ceux qui se disent « un jour, je le ferai… » : qu’est-ce qu’il vous manque pour vous lancer et pourquoi attendre ? Pourquoi demain ? La vraie question à se poser serait “est-ce-que ça va me rendre vraiment heureux ? car l’entrepreneuriat est sous le feu des projecteurs mais tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur et tout le monde ne serait pas heureux dans cette profession.

→ Côté comptabilité, il est indispensable d’anticiper les différentes périodes de l’année et de se garder de la trésorerie pour palier aux périodes creuses..

→ A ce qu’il paraît, porter des chaussettes dépareillées stimule la créativité. 🙂

Et au fait, que faisaient tes parents et grands-parents ?

Parents : infirmière et agent forestier (avec un bureau à la maison)

Grands-parents : mère au foyer d’un côté, et agriculteurs de l’autre

Finalement, ils étaient tous indépendants…

Et après ?

En 2018, Josette et Tic ce sont 11 salariés et 5 boutiques (Elevages de Josettes) : 2 à St-Malo, Rennes, Dinard et Nantes. Le projet est de poursuivre l’ouverture de nouveaux points de vente et de permettre à des personnes séduites par le concept de se lancer en franchise, n’importe où dans le monde.

Côté éthique, nous souhaitons impliquer davantage le client dans son don en lui proposant de choisir un projet, parmi trois, qu’il veut soutenir, qu’il soit écologique, social ou humaniste.

Peut-on être serein et chef d’entreprise ?

Sincèrement, pour moi c’est un stress permanent car je ne suis pas tout seul dans la barque. En tant que chef d’entreprise, j’ai la responsabilité d’autres personnes. J’y pense tout le temps même si j’essaye de déconnecter de plus en plus et de respecter les temps off comme le week-end. C’est aussi un vrai bonheur car c’est un travail qui me rend heureux, dans lequel je suis sans cesse en train de me questionner et d’apprendre sur de nouveaux sujets.

Pour découvrir l’univers coloré et décalé de Josette et Tic, rendez-vous sur : www.josette-tic.fr/

*Les éleveurs de Josette sont le gentil surnom des personnes gérant les différents points de vente.

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